Ces héros improbables de Roland-Garros
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19-05-2011 à 05:30 |
Michael Chang (1989)
Sans doute la plus grande sensation de l'ère Open. Pour sa 2e participation aux Internationaux de France, Chang affronte le numéro 1 mondial Ivan Lendl dans un combat de légende en huitièmes de finale. Mené 2 sets à 0, l'Américain revient à égalité dans la partie, puis miné par les crampes, ose le service à la cuillère et autres coups de bluff qui font craquer Lendl, qui termine par une double faute. Chang continue son parcours homérique et défait Stefan Edberg en finale. A 17 ans et 3 mois, il bat le record de précocité pour une victoire en Grand Chelem.
Gustavo Kuerten (1997)
La légende du "chouchou de Roland" débute en 1997. Inconnu du grand public, classé au 66e rang mondial, Kuerten fait le buzz avec son t-shirt jaune et ses bandanas azur. Surfant sur une vague de confiance inouie, le brésilien sort trois anciens vainqueurs du tournoi, Muster au 3e tour, Kafelnikov en quarts de finale avant de mater Sergi Bruguera en finale en trois sets gagnants, à la surprise générale. C'est le premier de ses trois titres du Grand Chelem parisien.
Gaston Gaudio (2004)
Non assimilé comme tête de série, Gaudio a un parcours truffé d'embuches mais enchaine les victoires avec aisance, se débarrassant tour à tour d'Andreev, Hewitt et Nalbandian. La finale l'oppose à son compatriote Coria dans un duel 100% argentin. Favori, ce dernier mène rapidement 2 sets à zéro. Dans un sursaut d'orgueil, Gaudio renverse le match et son adversaire, paralysé par les crampes, après avoir sauvé deux balles de match.
Mats Wilander (1982)
Grand espoir du tennis, vainqueur du tournoi junior de Roland Garros l'année précédente, Wilander élimine Ivan Lendl en huitièmes de finale après un combat épique de cinqs sets. En demi-finale, le Suédois bat José-Luis Clerc mais se distingue surtout par un geste de grand fair-play, en décidant de remettre le point en jeu de la balle de match qui l'avait sacré. Gagnant de nouveau l'échange, Wilander affronte Vilas en finale. Après un premier set perdu sèchement, il renverse la vapeur et devient alors le nouveau Prince de Roland.
Ievgueni Kafelnikov (1996)
A tout juste 22 ans, le Russe, peu disert en dehors des courts, prend la mesure d'un tournoi très relevé, dans lequel seulement un joueur non assimilé comme tête de série est parvenu jusqu'en quarts de finale. Après avoir sorti, Mantilla et Krajicek, Kafelnikov se voit affronter Pete Sampras en demi-finale, qui rêve de soulever le seul tournoi du Grand Chelem qui lui résiste. La gloire américaine ne fait pourtant pas long feu, éteint par les revers implacables du natif de Sotchi. Mêmes effets pour l'Allemand Michael Stich, qui rend les armes en finale après trois sets serrés. Ievgueni Kafelnikov devient le premier russe à triompher Porte d'Auteuil.
Les femmes
Iva Majoli (1997)
L'année 97 est décidément un millésime de surprise. A l'instar de Kuerten chez les hommes, Iva Majoli crée la sensation lors de ces Internationaux de France. C'est d'abord Lindsay Davenport qui subira sa loi lors du troisième tour, pourtant numéro 5 mondial. Mais c'est lors de la finale que la Croate va surprendre tout le monde en dominant l'archi-favorite Martina Hingis, âgée alors de 16 ans. Annihilée par l'événement, la Suissesse s'effondre en 2 sets (6-4, 6-2) et laisse Majoli remporter Roland-Garros.
Monica Seles (1990)
Déjà, l'année précédente, la prodige naturalisée américaine avait marqué les esprits en parvenant jusqu'en demi-finale, battue seulement par l'invincible Steffi Graf. Ce ne sera que partie remise car l'année suivante, Seles se débarrasse avec difficulté de Maleeva en quarts de finale puis de sa compatriote Jennifer Capriati au tour suivant, pour avoir le droit à une revanche. Ayant tiré les leçons de son précédent échec, Seles accule Graf et s'impose avec vigueur en deux sets gagnants, à tout juste 16 ans et demi.
Anastasia Myskina (2004)
Peu réputée pour ses prouesses sur ocre, la Russe venait de réaliser son meilleur parcours à Roland-Garros l'année précédente en atteignant le second tour... En 2004, après des premiers tours plutôt aisés, Myskina se voit confronter à Svetlana Kuznetsova, et sauve une balle de match avant de remporter la victoire. Ce succès la transcende et la Russe expédie en deux sets Serena Williams, Jennifer Capriati puis Elena Dementieva en finale, en moins d'une heure de jeu. Huit ans après Kafelnikov, elle devient la première joueuse russe à s'imposer à Roland-Garros.
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A propos de l'auteur :
Alexandre Couppey France Soir
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